Fukushima Tchernobyl, Désinformation, rien n’a changé

Depuis la catastrophe de Tchernobyl 25 ans se sont écoulés et rien n’a changé. Rue89 propose une intéressante comparaison des deux catastrophes dans cet article. Cependant pour moi, le point le plus édifiant concernant ces deux évènements n’est pas traité dans cet article.

La Désinformation est toujours aussi affligeante

Si les politiciens et les médias tentent de nous faire croire que Tchernobyl est de l’histoire ancienne, que depuis la technologie et l’information sont passés dans une autre ére, de la modernité et de la transparence, force est de constater qu’il n’en est rien !
Le constat est encore plus affligeant qu’il y a 25 ans. En 1986, il était encore possible de se retrancher derrière des arguments, déjà minables à l’époque, de mur du silence, bloc soviétique, totalitarisme de l’URSS, manque de liberté de la presse. Que dire aujourd’hui quand l’accident se déroule devant toutes les télévisions du monde dans un pays occidental développé ? N’y a-t-il pas de liberté de la presse ? Y-a-t-il du totalitarisme au Japon ?

Les dindons de la farce

Nous sommes donc aujourd’hui comme il y a 25 ans les dindons de la farce. Après nous avoir vendu, glasnost, transparence et ça ne pourra plus jamais arriver, tout se reproduit exactement de la même façon, avec la même gravité et la même non-transparence. Plus qu’un scandale ! Il y a 25 ans le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière française, il ne devait pas avoir ses papiers.

Je ne prends même pas la peine de retrouver les citations de l’époque tant elles sont de notoriété publique. Au moins une citation de ce type est issue du  Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants (SCPRI), l’organisme de l’époque censé nous protéger des effets des radiations, qui est l’ancêtre de notre Institut de Radioprotection et Sureté Nucléaire (IRSN) actuel. Il faudrait juste prendre la peine de savoir précisément de quelles sources elles émanaient. Le parcours du nuage de Tchernobyl est clairement illustré sur la carte ci-dessus. Les taux de radioactivité en Corse, PACA et Alsace ont été énormes et se sont répercutés dans la chaîne alimentaire. Ce n’est pas pour rien que 25 ans après de nombreuses personnes atteintes de cancer à la thyroïde ont porté l’affaire devant la justice, de multiples rapports gouvernementaux ne remettent pas les faits en cause. Que se passe-t-il sur le moment du côté de l’information ? Rien. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Le message est clair: chers concitoyens, vous êtes des dindons doublés de veaux.

Bis Repetita, Dindons Version 2

Mais là n’est pas la question car le plus grave est à venir. Que se passe-t-il le 15 mars 2011 à Fukushima ? Un accident majeur se produit, de la gravité de Tchernobyl et peut être même pire. Et que se passe-t-il sur la scène de l’information planétaire ? Incident de niveau 5 ! Alors que tout le monde voit clairement les explosions filmées de loin bien sur (si c’était si peu grave, il serait plus simple de filmer de plus près) Que dit le niveau 5 de l’INES:

Accident (entraînant un risque hors du site) 5 Rejet limité susceptible d’exiger l’application partielle des contre-mesures prévues. Endommagement grave du réacteur ou des barrières radiologiques

Rejet limité ! De qui se moque-t-on ? Pourquoi attend-on un mois c’est à dire mi-avril pour classer la gravité au niveau 7. C’est à dire aussi grave que Tchernobyl.

Accident majeur 7 Rejet majeur : effet étendu sur la santé et l’environnement.

Si les personnes autour du site de Fukushima se sont référés avec discipline au niveau de gravité 5 pendant 1 mois, elles sont donc restées tranquillement chez elles à se faire irradier de manière irréversible. Tout cela donc pendant 1 mois. Largement suffisant pour aller vers les suites médicales connues de Tchernobyl. En classant immédiatemment l’accident au niveau 7, le message aurait été clair « REJET MAJEUR, EFFET ETENDU SUR LA SANTE ET L’ENVIRONNEMENT »
Mais alors pourquoi attendre 1 mois ? Toutes les populations auraient pu et du prendre les mesures d’éloignement bien plus avant et éviter de très graves suites médicales.
Mais de qui se moque-t-on !! Qui croit-on protéger en désinformant de la sorte ?
Je faisais des bonds d’un mètre en regardant les images et en entendant les commentaires officiels des agences que les politiques nous mettent en avant IRSN et consoeurs. N’importe quel béotien du nucléaire, que je suis, était capable dès le 15 Mars de classer cet incident en incident majeur, sans tarder !
Pour clore le sujet, concentrons nous sur cet organisme, dont j’ai déjà parlé, censé nous protéger et nous prévenir (quelles sont ses missions au juste). L’idée est séduisante de donner accès au grand public aux cartes de mesures de la radio-activité. Vous pouvez faire l’essai par vous-même ici. Pour ma part je n’ai jamais réussi à voir la moindre mesure récente concernant les points situés autour de Alpes Maritimes. Des mesures datant de 2001 à 2004 s’affichent puis lorsque je change l’intervalle de date pour le positionner à la date du jour, le système charge mais n’affiche rien…Ceci dit c’est peut être de la malchance. D’autre part que dire de la qualité technique de ce site, est-il dimensionné pour répondre à des demandes grand public ? Ces informations relèvent de la santé publique tout comme la qualité de l’air ou l’indice UV. Force est de constater, qu’elles ne sont pas disponible malgré la volonté de transparence affichée.

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A propos guillaume

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2 commentaires pour Fukushima Tchernobyl, Désinformation, rien n’a changé

  1. guillaume dit :

    Un hoax (Hoax, mot anglais pour désigner un canular informatique) circule en ce moment sur le fait que le cœur d’une centrale de Fukushima serait entré en fusion. Pour rétablir la vérité dans un sens comme dans l’autre concernant la désinformation, il faut donc préciser qu’il s’agit d’une mauvaise information qui date du 6 Avril 2011 et non pas 2012. Ceci n’enlève rien au caractère catastrophique de la situation et il y aurait largement de quoi refaire un énorme deuxième billet sur les conséquences de cette catastrophe et le fait que de nombreux candidats à l’élection présidentielle 2012 continuent de promouvoir cette industrie sans jamais parler de lancer un grand programme de recherche et d’investissement sur les énergies renouvelables. Ce programme de relance pourrait nous permettre de nous placer en tête des pays qui développent des solutions et exportent des technologies de demain car nous n’aurons pas le choix. Plutôt que de se placer d’emblée en queue de peloton, nous aurions aujourd’hui l’opportunité de partir en tête.

  2. guillaume dit :

    Un article et un débat intéressant sur l’aspect technologique des centrales et sur la réalité des risques sur http://www.pauljorion.com/blog/?p=35944. Ce qui me choque n’est pas tant l’importance du risque, certes celui-ci existe et il est énorme mais plutôt l’immense retard que nous prenons en ce moment sur le terrain de la recherche et de la mise en place d’une organisation différente de la gestion des ressources.

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